Les restos américains réduisent leurs portions sur fond de médicaments amaigrissants

Une tendance étonnante est en train d'émerger aux États-Unis : les uns après les autres, les restaurants réduisent la taille de leurs plats. Une évolution totalement improbable au pays des superlatifs.
Les restos américains réduisent leurs portions sur fond de médicaments amaigrissants

Ozempic, Wegovy ou encore Mounjaro, ces noms ont tous fait la une des médias du monde entier. Ces médicaments, imitant l'action du GLP-1 (une hormone intestinale), ont à l'origine été conçus pour traiter le diabète de type 2, mais se sont surtout fait remarquer pour totalement autre chose : réduction significative de l'appétit, augmentation rapide du sentiment de satiété et ralentissement de l'évacuation du contenu de l'estomac. Dit comme ça, cela n'a l'air de rien, mais cela fait de ces médicaments de redoutables alliés pour perdre du poids.

Assez rapidement, dans un pays rongé par l'obésité, 1 Américain sur 10 se mit à recourir à l'un de ces médicaments pour perdre du poids, tandis que 30 à 35 % envisagent, eux, d'en prendre dans un futur proche. Une popularité retentissante qui a provoqué l'émergence d'un nouveau profil client pour les restaurants américains : le petit mangeur.

Le souci, c'est qu'entre les hamburgers démesurés et les frites XXL, la cuisine américaine n'est pas vraiment connue pour sa frugalité. En conséquence, le nombre de clients n'arrivant plus à finir une portion normale augmente, engendrant de la frustration, sans compter le gâchis alimentaire.

Face à cette réalité, de plus en plus de restaurants, de diners typiques et même de bars des grandes villes américaines ont commencé à proposer des portions réduites ou des menus pour les petits appétits, le tout à prix ajustés. Pour 8 dollars par exemple, soit 6,85 euros, les pignocheurs pourront se régaler avec un mini-hamburger, une petite portion de frites ainsi qu'une bière de 9 cl (une pinte de bière fait normalement 47,3 cl aux États-Unis). À Manhattan, certains restaurants ont carrément divisé la quantité de leurs plats par deux, incluant les brunchs qui n'y auront pas échappé.

Si les mini-portions répondent à un besoin de plus en plus présent, elles font également le bonheur de ceux qui souhaitent réduire leurs dépenses sans pour autant faire une croix sur leurs sorties resto. Une conséquence inattendue de l'adaptation du marché. Il y a ainsi fort à parier que cette mutation de l'offre engendrera encore plus de changements profonds dans le marché américain de la restauration. Wait and see, comme on dit là-bas.

Publié le 12/01/2026

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