Quand les chefs revisitent les noms des plats

La fin justifie les moyens. Ou bien, on n'attire pas une mouche avec du vinaigre. C'est sûrement ce que se disent certains chefs qui décident de mettre le paquet sur leur menu, en trouvant des noms très alléchants à leurs plats. Le problème, c'est que parfois, l'assiette qui arrive sur la table n'a plus grand-chose à voir avec ce qu'on attendait. Et pour cause : mise en avant exagérée des ingrédients, description aux envolées lyriques, voire dénomination trompeuse, les ruses de quelques professionnelles pour nous vendre leurs plats ne manquent pas d'imagination. Pour vous aider à y voir plus clair la prochaine fois, voici une sélection de plats qui pourraient bien vous embrouiller.
Des plats très simples déguisés en œuvres d'art
Certaines assiettes sont sûrement très bonnes, mais faut-il pour autant les vendre comme des plats étoilés ?
- Terrine maison traditionnelle : pâté.
- Velouté du potager et son nuage lacté : soupe à la crème.
- Duo de crudités en fraîcheur : carottes râpées et concombre.
- Côte de cochon grillée au nectar des abeilles : côte de porc au miel.
- Suprême de volaille fermière aux herbes du jardin : blanc de poulet au persil.
- Filet de poisson blanc en croûte dorée : poisson pané.
- Pain toasté garni façon bistrot : croque-monsieur.
- Pâtes artisanales à la réduction de tomates confites : nouilles à la sauce tomate.
- Tartine rustique gratinée au cœur crémeux affiné : fromage fondu sur du pain.
- Saucisse noire aux fruits du verger : boudin aux pommes.
- Volaille fermière et ses allumettes dorées : poulet frites.
- Galette de blé croustillante et sa garniture maison : crêpe au jambon.
- Boudinée du terroir dorée à la flamme : saucisse grillée.
- Escalope de volaille rôtie à la normande et son bouquet forestier : dinde à la crème et aux champignons.

Comment tromper le consommateur
Certaines formules abusives des chefs ont clairement l'objectif de convaincre le client.
- Pièce de cochon caramélisé aux sucs naturels : porc grillé un peu cramé.
- Pavé rustique du boucher et son jus réduit : steak et jus de cuisson.
- Émincé de bœuf façon retour de chasse : restes de viande réchauffés.
- Retour de criée selon l'arrivage : poisson pas vendu la veille.
- Déclinaison iodée du moment : restes de fruits de mer.
- Effiloché de volaille longuement mijotée : restes de poulet.
- Expérience végétale texturée en trois temps : assiette de 3 légumes.
- Voyage gustatif autour du terroir : restes de pâté et de charcuterie.
Les accompagnements qui font rêver… ou pas
On se laisserait bien tenter par ces à-côtés, mais on risque parfois de le regretter !
- Délice des escargots : salade verte.
- Pommes en robe des champs : patates avec la peau.
- Écrasé de pommes de terre à l'ancienne : purée rapide.
- Fondant de légumes du soleil : ratatouille.
- Poêlée de légumes oubliés : navets et panais.
- Duo gourmand de tubercules rôtis : pommes de terre et patate douce.
- Pommes de terre grenailles rôties au sel fumé : patates au four.
- Poêlée campagnarde et ses allumettes fumées : patates au lard.
Les cartes des restaurants sont devenues comme la loterie : parfois, vous touchez le gros lot, parfois vous perdez votre mise. Maintenant que vous connaissez quelques astuces de chefs pour vous vendre un plat, vous allez pouvoir décoder les menus. Le plus sûr reste, en cas de doute, de demander des précisions au serveur !









