Le restaurateur qui n'accepte pas les banquiers

Le restaurateur qui nPhoto : Alexandre Callet

Vous connaissez l'histoire des banques qui refusent des prêts aux entreprises ? Et bien voici celle de l'entreprise, en l'occurrence un restaurant, qui refuse les banquiers !

Il s'appelle Alexandre Callet, il tient un restaurant à Rueil-Malmaison, en région parisienne. Il est le propriétaire des "Écuries de Richelieu", un restaurant dont il n'est pas peu fier, situé dans l'ancien domaine du Cardinal de Richelieu lui-même. Depuis peu, on peut lire, écrit en grand et à la craie sur un tableau affiché à la devanture de son restaurant : "Chiens acceptés. Banquiers interdits (sauf droit d'entrée de 70 000 euros)" ! A l'origine de ce geste à la fois provocateur et humoristique, le ras-le-bol de cet entrepreneur vis-à-vis des banques et de leur appréhension à soutenir les projets des entreprises à la recherche de capitaux à investir.

Il faut dire que l'expérience personnelle d'Alexandre Callet a de quoi donner à réfléchir. Amoureux de la restauration, il a commencé très jeune dans le secteur, dès 18 ans, et à quasiment fait tous les métiers que la restauration a à offrir. Son rêve ? Posséder un jour son propre restaurant. Il a donc travaillé dur pour économiser puis, au bout de 5 ans de labeur, a présenté son projet auprès de trois banques pensant que son apport personnel suffirait à les convaincre.

Faux, puisqu'il a alors essuyé trois refus. Qu'à cela ne tienne, prenant son mal en patience, il oublie l'affaire et plus tard, au détour d'une conversation, il apprend qu'un restaurant à Rueil-Malmaison est à vendre. Il se présente donc en tant qu'acheteur et monte un nouveau dossier pour les banques. Là encore, en dépit d'un apport conséquent et de la solidité de son projet, son dossier est refusé par plusieurs établissements financiers, un dossier démonté par des explications bateau du genre "votre projet comporte trop d'incertitudes"...

Heureusement, l'entrepreneur finit par tomber sur une agence qui lui accorde le prêt sur le fil afin d'ouvrir son établissement. Mais il n'est pas au bout de ses peines. Après un projet d'agrandissement mené à bien en 2014, cette fois-ci avec l'appui des banques, moins enclines à refuser un projet de développement d'activité (moins risqué qu'une création d'entreprise), Alexandre veut ouvrir un second restaurant car son premier fonctionne bien, très bien même.

Mais malgré un besoin de 70 000 euros seulement, il fait chou blanc partout, une seule banque lui répondant par la négative, les autres ne daignant même pas lui répondre. Il dépasse la date de rachat du local parfait, ratant ainsi un excellent deal. Incompréhension totale chez le jeune entrepreneur qui considérait tout de même avoir un excellent dossier avec un premier restaurant au succès retentissant et l'expérience qu'il faut pour réussir à nouveau.

Mais attention, n'allez pas penser que l'interdiction aux banquiers (qui d'ailleurs, n'est pas légale et il le sait) est un acte d'amertume. Loin de là. Alexandre a décidé, comme on dit aujourd'hui, de faire le buzz autour d'une pratique qu'il juge inacceptable : des banques qui refusent d'aider des entrepreneurs, pourtant moteurs de l'économie, à créer de la valeur et de l'emploi. C’est donc ouvertement qu’il les accuse de saboter et d'asphyxier des entreprises qui se démènent pour réussir.

Pour la petite histoire, l'interdiction semble avoir été entendue et Alexandre de remarquer que les banquiers qui avaient l'habitude de manger dans son restaurant n'y sont plus revenus depuis un bon moment...

Publié le 14/03/2016

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